Lettre ouverte
Abattage: stop à la cruauté dans les abattoirs

L’immobilisme dont ont toujours fait preuve les pouvoirs publics français, en matière de défense de la cause animale, nous amène aujourd’hui à vous alerter sur les actions que la France pourrait entreprendre très vite concernant l’abattage sans étourdissement.

Les animaux, reconnus comme des êtres sensibles en France, y sont martyrisés dans l’indifférence générale. La loi qui devrait être appliquée, partout et à chaque instant, est en réalité bafouée sans vergogne par des individus qui profitent de la passivité de nos élus.

C’est le cas pour les animaux de rente, abattus de manière indigne dans des structures dont le fonctionnement est pourtant encadré et réglementé. Les images révoltantes que nous avons découvertes avec effroi, prouvent que la loi qui interdit l’égorgement sans étourdissement n’est pas respectée dans notre pays.

Pourtant, l’encadrement de ces pratiques est très clair : depuis le décret du 16 avril 1964, la règle est que l’animal soit inconscient au moment de sa mise à mort. De plus, une directive européenne, datant de 1993, fixe les normes en matière d’abattage : il faut veiller à épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitable pendant l’acheminement, l’hébergement, l’immobilisation, l’étourdissement et l’abattage. Ajoutons à cet arsenal législatif un règlement européen, applicable aux pays de l’Union Européenne depuis le 1er janvier 2013, qui indique que chaque abattoir doit désigner un responsable qui est garant de la bonne application des mesures relatives au bien-être des animaux. Le personnel qui s’occupe des animaux dans le cadre de leur mise à mort doit posséder un certificat spécifique. Ce règlement exige également des fabricants de matériel d’étourdissement qu’ils fournissent des instructions relatives à l’utilisation de leurs produits et à la manière de contrôler leur efficacité et de le conserver en bon état.

Demain, ces actes de grande cruauté seront jugés comme ceux d’une civilisation barbare par nos enfants. Il est désormais urgent d’agir !

Nous vous demandons de vous engager, au nom de vos administrés, en faveur de la mise en place obligatoire de moyens de surveillance, d’une inspection rapide des installations existantes et, de leur fermeture immédiate en cas de non-respect de la règlementation imposant de ne pas faire souffrir les animaux. Des enquêtes sérieuses doivent également être lancées afin de vérifier que le matériel utilisé est adapté, les salariés formés et des caméras de vidéo-surveillance installées.

Le Conseil d’Administration de la SPA, ses 3 000 bénévoles, 600 salariés et ses 23 000 adhérents ainsi que tous les sympathisants de la cause animale, chaque jour plus nombreux, ont l’espoir que vous répondrez à ce courrier et que vous vous mobiliserez à leurs côtés afin que la France sorte enfin de son indifférence face à la souffrance animale.

Natacha Harry
Présidente bénévole de la SPA

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